L’ONU n’entend rien, ne voit rien...

lundi 8 juin 2009
popularité : 1%

Par Jean-Paul Le Marec

Depuis mai 2005, la population sahraouie des territoires occupés par le Maroc depuis 1975 mène de façon pacifique un soulèvement populaire contre l’occupation et la colonisation. Malgré la violente répression, qui se traduit par des arrestations, des enlèvements, des tortures et des disparitions, des manifestations ont lieu régulièrement pour demander le droit à l’autodétermination. Cette mobilisation s’est étendue dans les universités marocaines où les étudiants sahraouis multiplient les rassemblements. Ils subissent également la répression : arrestations, condamnations à de lourdes peines de prison à l’issue de procès truqués.

Trois d’entre eux, détenus à la prison Boulemharez à Marrakech, Ibrahim Benaz, Ablagh Ali Salem, Abou Hassan Khallilena, condamnés et emprisonnés pour leur participation à une manifestation, ont suivi pendant 56 jours une grève de la faim pour dénoncer leurs conditions déplorables de détention et réclamer les droits de détenus politiques.

Le mur du silence médiatique

Ces violations des droits de l’homme ont été dénoncées à la 10ème session du Conseil des droits de l’homme des Nations unies du 2 au 27 mars à Genève par de nombreuses organisations internationales : "Fondation France Libertés", "Société internationale des droits de l’homme", "Mouvement international de jeunes et d’étudiants pour les Nations unies", "Fédération syndicale mondiale" (FSM). Mais les grands médias occidentaux et les "intellectuels" qui se prétendent soucieux de défendre les droits de l’homme (nombreux sont ceux qui passent leurs vacances ou leur week-ends au Maroc ou y possèdent une villa !) n’en disent pas un mot ! Ce mur du silence a été à peine ébréché par deux rapports récents de l’association étasunienne "Human Rights Watch" en décembre 2008 et de la délégation ad hoc du Parlement européen en mars 2009. Ces deux rapports, élaborés après des visites sur place et des rencontres avec les associations sahraouies, confirment les témoignages des missions civiles d’observation comme des avocats et magistrats présents aux procès des militants sahraouis : les forces d’occupation marocaines mènent une politique de répression contre la population sahraouie qui ne dispose pas de la liberté d’expression, d’association et de manifestation ; les violations des droits de l’homme sont liées au refus des autorités marocaines de reconnaître le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui. Même la revendication de ce droit par des déclarations ou des manifestations est interdite, réprimée et punie de la prison !

La France porte-parole du Maroc

Face à cette situation, de plus en plus préoccupante, de nombreuses associations des droits de l’homme sahraouies et internationales ont demandé un élargissement du mandat de la mission des Nations unies pour le Sahara occidental (MINURSO) à la surveillance du respect des droits de l’homme. En effet, les Casques bleus de l’ONU présents sur place n’ont pas le droit d’intervenir même quand les Sahraouis sont tabassés sous leurs yeux ! Comme l’a souligné le représentant de l’Ouganda au Conseil de sécurité de l’ONU : "La MINURSO demeure à ce stade la seule opération des Nations unies qui ne comporte pas de composante "droits de l’homme" en dépit de besoins criants sur le terrain".

Les Nations unies, qui sont normalement chargées d’appliquer le droit international, n’obéissent en réalité qu’aux grandes puissances qui défendent leurs intérêts économiques, commerciaux et stratégiques. C’est notamment le cas pour le Sahara occidental. Malgré les nombreuses interventions auprès du secrétaire général Ban Ki-moon et des membres du Conseil de sécurité, la résolution adoptée le 30 avril par le Conseil de sécurité se contente de prolonger le mandat de la MINURSO d’une année supplémentaire et d’inviter le Maroc et le Front Polisario à poursuivre leurs négociations. Une véritable fin de non recevoir aux demandes d’extension du mandat de la MINURSO ! Comme l’a précisé M. Ban Ki-moon : "La MINURSO n’a pas un mandat spécifique concernant les droits de l’homme et le Haut Commissariat aux Droits de l’Homme n’est pas présent sur le territoire".

Les Sahraouis peuvent continuer à subir l’occupation, à voir leurs associations interdites, à se faire torturer, à être emprisonnés, l’ONU ferme les yeux et laisse faire le Maroc.

Une fois de plus, c’est le gouvernement français qui a été le meilleur porte-parole du Maroc dans les enceintes onusiennes. Comme l’a souligné le journal "Le Monde" du 4 mai, c’est la France qui a "bloqué le dossier des droits de l’homme" et qui a refusé que "le Conseil de sécurité de l’ONU élargisse le mandat des casques bleus". C’est encore la France, par la voix de son représentant à l’ONU, M. Ripert, qui a soutenu sans réserve le plan d’autonomie du Maroc qui bafoue le droit international fondé sur le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes donc sur le droit à l’autodétermination.

La mobilisation doit se poursuivre auprès des Nations unies, des gouvernements de l’Union européenne (prioritairement auprès du gouvernement français) pour la mise en place d’un mécanisme international pour la protection de la population sahraouie. Cette mobilisation devra bien sûr exiger la reconnaissance du droit à l’autodétermination du peuple sahraoui avec la tenue d’un référendum lui permettant de décider de son avenir entre le rattachement au Maroc, l’autonomie sous souveraineté marocaine ou l’indépendance. Si ce référendum, qui devait être organisé par l’ONU en 1992 parallèlement au cessez-le-feu accepté par le Front Polisario, est renvoyé une nouvelle fois aux calendes, ne faut-il pas craindre un retour à la guerre pour faire reconnaître les droits du peuple sahraoui ? C’est ce qu’a rappelé le secrétaire général du Front Polisario, Mohamed Abdelaziz, au journal algérien "Jeune Indépendant" : "Le choix du retour à la guerre est présent au sein du Front Polisario au cas où les négociations achopperaient".

rougemidi.org


Commentaires

Logo de AhmedSalem
L’ONU n’entend rien, ne voit rien...
jeudi 11 juin 2009 à 16h22 - par  AhmedSalem

En complément à ce que j’ai envoyé auparavant, le Front Polisario s’est octroyé la légitimité de la représentativité des sahraouis dans la région du Sahara sans prendre en compte la volonté des sahraouis unionistes. Il faut savoir que depuis l’établissement des camps de Tindouf au sud de l’Algérie, à peu près 7000 sahraouis se sont échappés des camps pour revenir au Maroc. Je n’ai pas le souvenir d’un sahraoui habitant la région du Sahara Occidental ayant fait l’inverse. Je voudrais aussi souligner qu’au contraire de ce qu’avancent les leaders du Front Polisario aux habitants des camps et à leurs vénérables visiteurs, ils ne font rien pour ces populations. Il faut savoir que le Maroc a été le premier à demander à l’ONU à ce que la région du Sahara Occidental soit considérée comme région non autonome éligible d’un processus de décolonisation de l’Espagne. Ce fût le cas dans les années 50/60 bien avant la création du Front Polisario. Il faut savoir aussi que le Maroc a été le premier à parler de référendum mais les propositions de listes d’identification n’ont jamais abouti. Le Maroc a accepté la première version du plan Backer et le couple Algérie/Front Polisario l’a refusé. Ensuite le Maroc a refusé la seconde version du plan Backer alors qu’il a été accepté par le coupe Algérie/Front Polisario. C’est la première fois dans l’histoire de l’ONU que celle-ci essaie d’organiser un référendum basé sur l’identification. Cela n’a jamais été le cas nulle part ailleurs. D’où la complexité de sa mise en oeuvre. Valeur d’aujourd’hui, le Maroc a proposé en Avril 2007 un projet d’autonomie crédible selon le Conseil de Sécurité. C’est bien cela qui a fait redémarrer les négociations. Le Maroc en bonne foi a entamé les négociations à Manhasset pour favoriser la grande réconciliation des sahraouis. En effet, le Président du CORCAS et le Secrétaire Général du CORCAS (fondateur du Front Polisario) ont été les porte-paroles du Maroc pendant ces négociations. Depuis 2007, de nouvelles résolutions sont sur la table (1754, 1783, 1813 et 1871) invitant les 2 parties à négocier en bonne foi sur la base des dernières évolutions du dossier depuis 2007. En clair, reprendre les négociations sur la base du projet d’autonomie proposé par le Maroc. Ce n’est qu’une base réaliste des négociations. Au lieu de cela, les leaders du Front Polisario appuyés par l’Algérie continuent leur entêtement. Entre temps, plusieurs milliers de personnes vivent le calvaire dans des conditions inhumaines alors que la majorité des leaders du Front Polisario vivent avec leurs familles à l’extérieur des camps ou à l’étranger. Mes pensées vont à ces habitants sans voie et qui ne peuvent en aucun cas exprimer leur avis librement sur leurs conditions de vie depuis plus de 30 ans. Je me suis toujours posé la question de savoir comment un être humain pouvait supporter une vie indécente et la faire subir à sa famille pendant plus de 30 ans sans réagir. J’ai un premier élément de réponse : l’oppression et les menaces d’exaction et de déportation de ses enfants à l’île de jeunesse à Cuba !
Dernier point et non des moindres, je voudrais juste ajouter que l’intégration de la république du Front Polisario à l’Union Africaine a été faite en totale contradiction de la charte de l’Union. En effet, le mouvement séparatiste du Front Polisario n’a aucun signe de souveraineté : pas de peuple, pas de territoire/frontière et pas de siège aux Nations-unis. Comment l’Union Africaine est tombée dans le piège de l’Algérie ? Pourquoi l’Union Africaine n’a pas intégré tous les autres mouvements séparatistes de l’Afrique ? et Dieu sait qu’il y en a. Il faut savoir que plusieurs pays de l’Union africaine francophone et anglosaxone ont demandé au Maroc la réintégration de l’Union Afrique.
En définitive, vous l’aurez compris : c’est un problème politique historique entre le Maroc et l’Algérie. Un point c’est tout. J’espère que les conflits du passé seront oubliés et que l’Algérie finira par ouvrir ses frontières.

Pour finir, permettez-moi de vous signaler les sites web des sahraouis unionistes :

http://www.corcas.com (support international au projet d’autonomie)

http://www.sahara-online.net (histoire du conflit, cartographie de la région,...)

http://www.sahara-culture.com (culture de la région)

http://www.sahara-villes.com (plusieurs vues des principales villes de la région)

http://www.sahara-developpement.com (développement économique de la région)

http://www.sahara-social.com (développement social de la région)

Ahmed Salem

Logo de AhmedSalem
L’ONU n’entend rien, ne voit rien...
jeudi 11 juin 2009 à 12h54 - par  AhmedSalem

Je reviens sur votre article mettant en avant d’horribles exactions dans la région du Sahara Occidental. Je dois vous avouer que je suis tombé des nus en voyant que vous n’avez fait que reprendre les propos de la propagande habituelle du Front Polisario et de ses supporters. En tant que sahraoui unioniste, je vous prie de revoir votre position et de considérer que depuis 2005 et depuis la création du Conseil Royal Consultatif des Affaires Sahariennes (CORCAS) les choses ont bel et bien changé. Le CORCAS réunit 141 membres représentant toutes les tribus de la région du Sahara Occidental. le CORCAS est la voie des sahraouis unionistes qui sont une réalité dans la région. Le conflit vous sera complexe et difficile à cerner si vous ne prenez pas en compte les conditions de création du Front Polisario dans les années 70. Ce que je puis vous dire c’est que les exactions dont vous faites allusion sont exagérées par les leaders du Front Polisario et ses acolytes. Il y a effectivement des séparatistes dans la région du Sahara Occidental mais ils ne sont pas plus nombreux que ceux en Corse, en Bretagne ou en Auvergne :-). Il est vrai que dans certaines manifestations des policiers bêtes et stupides forcent un peu sur la matraque mais il ne s’agit nullement d’un mouvement de masse. Ce sont à chaque fois deux ou trois personnes qui se font durement approchés et qui ne peuvent en aucun cas représenter la majorité. Il faut juste préciser ici que la majorité de ces séparatistes sahraouis ne sont pas originaires de la région du Sahara Occidental mais du nord de la région. Il y a énormément d’étudiants sahraouis dans les universités du nord du pays. Ils ont les mêmes droits mais aussi les mêmes obligations. Il faut comprendre que certains étudiants sahraouis deviennent séparatistes lorsque l’université refuse de décaler la date d’examens, ou de leur rembourser les frais de voyage, ou de leur octroyer une bourse après un redoublement...L’université se trouve alors otage d’étudiants sahraouis qui ne sont pas originaires de la région du Sahara Occidental et qui finissent par devenir séparatistes pour mettre l’université au pied du mur. Cela étant, rien n’excuse les débordements des forces de l’ordre pendant certaines manifestations estudiantines. Il faut savoir aussi qu’il y a plusieurs ONGs dans la région du Sahara qui réclament une amélioration des droits de l’homme sans pour autant prôner l’indépendance. Il faut savoir aussi qu’Aminatou Haidar se déplace dans le monde entier avec son passport marocain pour prôner le séparatisme et revient le plus normalement du monde à son domicile à Laâyoune !!!
La problématique politique de la région du Sahara Occidental est complexe et ne peut en aucun cas être traitée comme vous venez de le faire. Il y a des séparatistes d’un côté mais il y a surtout des unionistes et ils représentent la majorité.

Ahmed Salem Amr Khaddad
sahraoui unioniste

Logo de Paul thiebaut
L’ONU n’entend rien, ne voit rien...
mardi 9 juin 2009 à 13h54 - par  Paul thiebaut

Je ne vais pas trop m’étendre sur le dossier du Sahara occidental dans ses aspects politico-diplomatico-stratégique. Ce volet est trop compliqué pour le traiter dans un commentaire à la va vite. Il se trouve, cependant que je connais la région du Sahara occidental d’abord par mes études, et ensuite par le fait que je réside en Afrique du nord et que j’ai visité cette région au sud du Maroc.

Sur les aspects des droits de l’homme je peux donc témoigner dans la mesure où ayant des yeux pour voir et étant suffisamment attentif pour ne pas se laisser berner et prendre des vicies pour des lanternes j’ai pu me rendre compte par moi-même, que les villes du Sahara occidental ne sont ni sous état de siège, ni le théâtre de troubles ou d’agitation pas plus qu’elle ne sont marquées par une présence militaire, tel qu’on en voit dans les territoires qui sont vraiment objet de conflit de type lutte anti-coloniale ou de conflit entre les populations et des oppresseurs.

La situation vis-à-vis des droits de l’homme au Maroc de manière général et au Sahara occidental en particulier, a connu sur la dernière décennie un véritable saut qualitatif, avec le lancement d’un processus de réconciliation et de procédure de justice transitoire qui a été remarquable et a été remarqué.

Cela a soldé un lourd passif qui partout au Maroc avait marqué les années 60 et 70 et dont le volet sahraoui n’était ni plus lourd, ni moins mauvais que pour les autres régions.

Ce processus de réparation aussi bien morale que matériel des victimes de ce qui est généralement connu au Maroc sous l’appellation d’années de plomb, a été entrepris sur des années et a donné lieu à la mise en place d’une commission qui a fait des recommandations.

Mais tout cela ne veut pas dire bien entendu que tous les problèmes sont réglés. Il y a toujours des choses à réformer et à changer et en la matière tous les pays sont logés à la même enseigne à condition bien entendu, d’avoir déjà réglé les problèmes du passé en assurant et en garantissant les droits les plus fondamentaux. Ce qui est loin d’être le cas dans la région à laquelle appartient le Maroc et en particulier concernant les autres protagonistes du dossier du Sahara occidental, en l’occurrence le Polisario et l’Algérie.

En 2005, il y a eu effectivement des confrontations à Laayoune (chef-lieu du Sahara occidental), entre un groupe d’activistes du Polisario et les forces marocaines de l’ordre. L’affaire a fait l’objet d’enquête et les personnes arrêtées dans le cadre de cette affaire, ont été amnésiées quand le roi Mohammed VI a mis en place le Conseil Consultatif des affaires sahariennes (Corcas : www.corcas.com).

Actuellement, ces mêmes personnes sont la preuve vivante du progrès que connaissent les droits de l’homme. Ces personnes dont certains sont devenus des habituées des institutions et fondations qui s’occupent de ce dossier, voyagent à l’étranger, attaque avec une grande virulence l’Etat marocain dont elles portent le passeport et rentrent tranquillement à Laayoune, Casablanca (capitale économique du pays) ou Rabat (capitale administrative), pour retourner à leurs occupations habituelles sans être inquiété.

La règle mise en place par les autorités marocaines, que chacun est libre de prêcher ce qu’il veut, y compris le séparatisme, à condition de ne pas utiliser la violence ou enfreindre le droit. Cette règle qui peut apparaître comme étant une banalité dans nos contrées européennes, était, il y a à peine une décennie, inconcevable dans ce pays où, il faut le reconnaître, il y a unanimité, y compris dans les rangs des Sahraouis unionistes, autour de l’unité du pays.

Maintenant il reste les cas que vous citez dans l’article ci-dessus. Je vous adresse, ce qui a été écrit par un militant associatif à ce propos :

« La dernière affaire en date n’est pas moins scandaleuse que la précédente. Il s’agit d’une campagne tous azimuts, menée autour de trois grévistes de la faim, qui purgent une peine de prison de courte durée à la prison civile de Marrakech.

Ces trois personnes revendiquent principalement le statut de prisonniers politiques, puisque pour le reste, le bon traitement, le droit à la poursuite de leurs études supérieures, sont d’ordre général et sont exigible pour tout prisonniers.

Cette grève et la revendication de statut de détenu politique y référant sont relayées depuis des semaines par tous les activistes du Polisario dans le monde, à travers leurs blogs. Bien entendu la machine de propagande des camps de Tindouf présente ces citoyens marocains natifs de Guelmim, des militants de la cause du Polisario et les campagnes épistolaires aussi bien que les pétitions se démultiplient en leur faveur.

Les multiples missives des différentes adresses web du Polisario parlent de symbole de la lutte en évoquant les trois personnes. On répète à l’infini les mêmes mots sur la grave atteinte aux droits du peuple sahraoui, sur la catastrophe humanitaire qui se prépare si la négociation avec ces trois personnes n’est entamée l’inamovible Mohamed Abdelaziz, Secrétaire général du Polisario rédige à tour de bras lettre sur lettre à destination des instances onusiennes, en particulier le Secrétaire général de l’ONU….etc.

De nouveau, une simple enquête sur l’affaire de Ibrahim Beriaz, Ablagh Ali Salem et Abou Hassan Khallihenna, permet de découvrir la réalité simple que la campagne de désinformation du Polisario, digne des systèmes totalitaires les plus indécrottables, tente de travestir en portant atteinte à la vérité, à la cause des droits de l’homme et à la fin des fins y compris à la cause des trois personnes concernées, elles mêmes.

Le volet judiciaire de cette affaire n’a aucun rapport avec l’affaire du Sahara. Les trois personnes précitées n’ont été arrêtées ni dans une manifestation, pas plus qu’ils ne faisaient partie du groupe d’activistes, plutôt réduit, qui de temps en temps tente de susciter des violences au nom du Polisario, au Maroc.

Ces trois personnes qui se trouvent être des étudiants du troisième cycle, ne sont même pas tenus d’être présent en permanence à l’université où ils sont inscrits, celle de la ville de Settat. Ils disposent donc d’un temps libre suffisamment important pour exercer ce qui semble être leur passe temps favori, en l’occurrence la participation aux manifestations à caractère social.

C’est donc le cadre de l’une de ces manifestations qu’ils se sont fait arrêtés. Quelques semaines avant leur arrestation, un conflit entre les professionnels du transport et le gouvernement autour d’un projet de nouveau code de la route, donne lieu à une grève nationale des transporteurs. Une grève à laquelle plusieurs syndicats ont appelé, tandis ce qu’une partie d’autres organisations ont préféré poursuivre le dialogue et l’action au niveau du parlement, pour aboutir à une solution.

Il s’en suit donc une certaine concurrence entre le droit de grève garanti par la constitution et la loi et reconnu de ce fait par le gouvernement et la liberté de travail pour les non grévistes qui est aussi garanti par la loi.

Pendant les premiers jours les actions d’intimidation de la part des participants aux piquets de grève ont été efficaces et certains parmis ceux qui voulaient poursuivre le travail ont été obligés de s’arrêter.

Mais au fur et à mesure que le conflit se prolongeait, la lassitude touchait de plus en plus de personne et la reprise du travail de certains parmi les transporteurs a donné lieu à des confrontations violentes, cela a fini part obliger les autorités à intervenir pour protéger les biens et les vies des personnes grévistes aussi bien que non grévistes.

Les trois thésards de l’université de Settat se font donc arrêter pendant de l’une des confrontations qui ont opposées les protagonistes, nécessitant l’intervention des forces de police pour calmer les gens et éviter que l’affrontement ne dégénère comme en conflit ouvert, d’autres qui ont même occasionné des morts.
Les activistes qui provoquent de la casse pendant des manifestations ou des mouvement sociaux sont inévitables dans toutes les régions du monde, en Europe, en Asie ou ailleurs.

Mais une chose est sure dans un Etat de droit la violence doit toujours être neutraliser et c’est ce qui a été fait.

Ibrahim Beriaz, Ablagh Ali Salem et Abou Hassan Khallihenna, ont, donc été arrêtés à cause de leur participation aux affrontements qui ont emmaillé la grève des transporteurs. Mais avec la procédure judiciaire qui a été ouverte à cette occasion, la justice constate que les trois prévenus faisaient déjà l’objet d’un mandat d’arrêt qui concerne des actes de violence qui ont eu lieu avant leur arrestation.

En 2008, des manifestations d’étudiants de l’université de Marrakech dégénèrent en bataille rangée avec les forces de police et donne lieu à la destruction de matériel et établissements universitaires. Les trois grévistes de la faim qui eux étaient inscrits à l’université de Settat, participaient à la bastonnade à près de 200 Km de leur faculté, là où il n’avaient rien à faire, sauf pour des casseurs qui vont là ou il y a de la tension.

Ils seront donc jugés sur la base de ces faits et des témoignages recueillis par la justice à ce propos. Dans l’acte d’accusation les concernant et qui a été rendu public, il n y a rien qui concerne le Sahara occidental, dont ils n’étaient même pas originaires, puisque la ville de Guelmim, au nord de l’actuel Sakia El Hamra et Oued Eddahab, ne fait pas partie de la région objet du conflit avec le Polisario.

Cette clarification et le rejet de la confusion et l’amalgame provoqués et alimentés par le Polisario et les autorités algériennes, sont nécessaire d’abord dans l’intérêt des droits humains car faire de la revendication d’autre chose que le respect des droits d’un condamné de droit commun (droit à la dignité, à des conditions d’emprisonnement favorables qui préservent son intégrité physique et morale…) , tel que le statut de prisonnier politique ou d’opinion est tout simplement mensongé et injuste. »(fin de ciatation)
De l’autre coté on a le Polisario, organisation politico-militaire, version stalinienne, dont le secrétaire général depuis plus de 32 ans. Et depuis la même période, alors que le Maroc ne restreint aucun accès au territoire du Sahara occidental, à ce jour, le Polisario et les autorités algériennes n’ont jamais autorisé le HCR, à recenser les réfugiés des camps de Tindouf en Algérie. La différence est là.

Logo de Paul thiebaut
mardi 9 juin 2009 à 23h33 - par  Michel Berthelot

Monsieur Thiebaut,

À vous lire, il est clair que l’observateur que vous êtes n’est pas neutre... Et que vos considérations penchent du côté de votre inclination !...

Il est également évident que vous n’êtes pas un ingénu touriste ni un observateur lambda : vous maîtrisez le sujet parfaitement et la subjectivité tout aussi allègrement.

C’est pourquoi si cela ne vous gêne pas outre mesure, nous accorderons, a priori, tout autant de crédit aux propos de l’auteur de l’article qu’aux vôtres. Cela replacera l’ensemble dans un plus juste milieu et lui assurera une plus équitable objectivité pour tenter de se faire une opinion...

Logo de Kabs
mardi 9 juin 2009 à 17h14 - par  Kabs

Bravo M Paul thiebaut, vous mettez le doigt là ou il faut, je voulais exprimer exactement la même chose, mais je ne trouvais pas les mots.
Merci

Logo de Kabs
L’ONU n’entend rien, ne voit rien...
lundi 8 juin 2009 à 09h52 - par  Kabs

Il y a eu des révoltes en Algérie, en Tunisie et dans d’autres villes Marocaines à cause de la crise mondiale et de la chèreté des produits de première nécessité. Ce n’est pas une raison pour généraliser.

Agenda

<<

2018

 

<<

Juin

 

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
28293031123
45678910
11121314151617
18192021222324
2526272829301
Aucun évènement à venir les 6 prochains mois

Brèves

Palestine, capitale Jérusalem

mardi 12 décembre 2017

EPR : NON

lundi 3 juillet 2017

BDS

mercredi 16 mars 2011

"Nous savons tous très bien que notre liberté ne sera pas entière tant que les Palestiniens ne seront pas libres"
Nelson Mandela