A propos de la loi Sarkozy sur le racolage...

lundi 5 juin 2006
par  Patrick Mignard
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La lettre date de 2003, mais elle est tout à fait succulente. Patrick a accepté que je la publie, ce dont je le remercie vivement.

Jean Dornac


Monsieur le Procureur de la République
Palais de Justice
Place du Salin
TOULOUSE

Toulouse, le 4 février 2003

Monsieur le Procureur de la République

A la lecture de la dernière loi votée par la représentation nationale je me dois, en tant que citoyen, d’apporter à votre connaissance un certain nombre de faits.

Mes déplacements dans les lieux publics m’amènent à la douloureuse constatation que les plus grandes libertés sont prises avec ce qu’impose la loi (« Le fait par tout moyen, y compris par sa tenue vestimentaire ou son attitude, de procéder publiquement au racolage d’autrui, en vue de l’inciter à des relations sexuelles... » article 19). En effet nombre des personnes, des femmes essentiellement, d’ailleurs pratiquement toutes, déambulent sur la voie publique avec des attitudes et des pratiques vestimentaires qui sont très proches de ce que la récente loi nomme « racolage passif ». Je ne veux porter aucun jugement a priori sur leurs intentions, ce n’est pas mon rôle, mais en tant que citoyen particulièrement respectueux de la loi républicaine, je me dois, comme la loi m’en fait le devoir, à titre de prévention d’un éventuel délit, d’en informer les autorités compétentes afin qu’elles interviennent pour faire cesser ce qui est, à mes yeux, un risque de trouble à l’ordre public. Je ne vous cache pas que cette même attitude équivoque semble toucher les citoyens de sexe masculin quoique je ne sois pas en mesure, pour des raisons que vous comprendrez, de mesurer la portée de celle-ci.

En tant qu’enseignant dans l’enseignement supérieur, je suis confronté à la même situation dans le cadre de ma pratique professionnelle, attitude encore plus équivoque du fait de l’âge des personnes à qui j’enseigne. J’essaye cependant, en gardant mon sang froid de m’acquitter le mieux possible de ma tâche.

Je crains que, sous le fallacieux prétexte de la normalité et de la liberté, nombre de citoyennes et de citoyens en profitent pour braver de manière détournée les normes sociales imposées par la loi. L’arrivée des beaux jours et l’abandon des vêtements d’hiver risquent d’aggraver cette situation.

J’interviens aussi auprès de vous pour vous demander conseil. Quelle attitude dois je avoir ? Dois je systématiquement prévenir la force publique dans les cas sus mentionnés ? Puis je enseigner en présence de personnes sur lesquelles pèsent de tels soupçons ? Ne serait-il pas plus simple de déterminer un code vestimentaire qui ne laisserai plus place au soupçon et au risque de débauche ?

Je dois enfin vous dire que, au regard de la loi, les seules femmes « correctes » sont celles dont la tenue vestimentaire ne laisse voir que le visage encore que les yeux, comme vous le savez étant le « reflet de l’âme », il se pourrait bien que ceux ci soient l’instrument du délit.

Espérant, Monsieur le Procureur, que vous comprendrez le trouble d’un honnête citoyen, veuillez croire à l’assurance de mon plus profond respect.

Patrick MIGNARD

Copie à Monsieur le Maire de Toulouse


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